N° PM60005237 - statue : tête féminine représentant une reine, vraisemblablement Marguerite de Provence, épouse de Saint Louis, reine de France, ou Jeanne de Navarre, épouse de Philippe le Bel, reine de France

 
Edifice : ancien prieuré royal de Royallieu
Emplacement : Conservé dans le centre Antoine Vivenel, 17 rue James de Rothschild. Dépôt des propriétaires au musée Antoine Vivenel de Compiègne.
  60200 Compiègne
Edifice actuel M600004
Image manquante

Informations :

Catégorie technique : sculpture
Commune forme index : Compiègne
Copyright : © Monuments historiques
Année de creation : 1308;1320
Dénomination : statue
Description : Traces de polychromie, notamment sur les yeux.
Dimensions : h = 35 ; la = 23
Date de la derniere mise a jour : 2024-06-27
Date de création de la notice : 2017-05-26
Domaine : Sculpture
Date et typologie de la protection : 2017/05/12 : classé au titre objet
Etat : fragment;oeuvre mutilée;oeuvre déposée
Cadre de l'étude : liste objets classés MH
References d'expositions : Daussy, Stéphanie-Diane, A propos de trois têtes sculptées provenant de l'abbaye de Royallieu (Oise) (Premier quart du XIVe siècle)., Regards sur les dépôts lapidaires de la France du Nord, Actes publiés sous la direction de Delphine Hanquiez, CRAHM, Caen, 2011.
Historique : Le buste de Saint Louis (PM60005238), la tête de Philippe le Bel (PM60005237) et celle de Marguerite de Provence ou de Jeanne de Navarre (PM60005236) ont été fortuitement mis au jour en 1995 lors de travaux menés sur le site de l'ancien prieuré royal de Royaullieu à Compiègne. La date de fondation du prieuré, 1308, peut être définie comme terminus post quem pour la datation des statues, ce qui autorise in fine à les reconnaître comme étant les effigies de saint Louis, patron de l'église, Philippe le Bel, fondateur, et Marguerite de Provence, épouse de Louis IX, à moins qu'il ne s'agisse de Jeanne de Navarre, épouse de Philippe le Bel. L'analyse stylistique borne au plus tard vers 1320. La localisation précise des statues dans le prieuré avant leur mutilation n'est pas identifiée. Celles-ci ont vraisemblablement été brisées lors de la Révolution et leurs vestiges dissimulés. Production parisienne ou influencée par l'art des ateliers royaux. En 1303, Philippe le Bel cède aux instances de son aumônier Jean des Granges, frère de Sainte-Catherine du Val-des-Ecoliers à Paris. Il fonde alors un prieuré contigu à sa demeure de La Neuville-aux-Bois près de Compiègne. De nouvelles lettres de fondation sont données en 1308. L'église priorale est déiée à saint Louis et, en son honneur, le lieu est rebaptisé Royallieu […]. La date de fondation, 1308, peut donc être choisie comme terminus post-quem pour la datation des statues, ce qui nous autorise in fine, dit Stéphanie-Diane Daussy, à les reconnaître comme étant les effigies de saint Louis, patron de l'église, Philippe le Bel, fondateur, et Marguerite de Provence, épouse de Louis IX. La démarche se fait l'écho de la série de statues de la Grand'Salle du Palais à Paris (avant 1314), donnant une dimension toute idéologique au programme sculpté de Royallieu […]. Il n'est pas exclu que la statue féminine puisse d'ailleurs être celle de Jeanne de Navarre, épouse défunte de Philippe IV. Elle accompagnerait ainsi son époux et saint Louis selon le même principe qu'au collège de Navarre (après 1309). A l'appui de cette hypothèse, le fait que le prieur de Royallieu, Jean des Granges, ait été aumônier de la reine, exécuteur testamentaire de celle-ci et chargé de la réalisation du collège de Navarre, constitue un argument de poids. Au regard de l'analyse stylistique, la datation des têtes pourrait être bornée au terminus ante quem des années 1320 et s'insère dans le contexte d'une production parisienne ou influencée par l'art des ateliers royaux. La bonne conservation des vestiges de polychromie plaide en faveur d'une élévation des statues à l'intérieur des bâtiments. Elle sont été vraisemblablement mutilées lors des émeutes du 17 septembre 1792. L'examen de chaque statue permet d'établir les correspondances avec d'autres sculptures du temps et d'appuyer les hypothèses émises quant à leur identification. Stéphanie-Diane Daussy remarque que les caractéristiques de la jeune reine : l'inscrivent dans tout un courant de sculpture à l'époque de Philippe le Bel et l'apparentent à l'art parisien du premier quart du XIVe siècle, largement et rapidement diffusé en Île-de-France et au-delà (source : Stéphanie-Diane Daussy). Le caractère exceptionnel de ces oeuvres les place au rang de chefs-d'oeuvre de la sculpture parisienne du début du XIVe siècle et donc de l'art au temps de Philippe le Bel. En émanent les évidentes qualités de force et de fraîcheur malgré l'état d'usure de l'épiderme de certaines parties, dû à leur enfouissement, et les mutilations d'autres parties. L'iconographie est rare. L'identification proposée s'avère la plus probable même si la prudence reste de mise (source : Pierre-Yves Le Pogam, conservateur en chef du département des sculptures du musée du Louvre).
Lien vers la base Archiv MH : https://archives-map.culture.gouv.fr/archive/recherche/simple/n:19?RECH_S=PM60005237&RECH_DocumentsNumerises=0&Archives.RECH_Valid=&type=simple
Matériaux : calcaire : taillé, peint (polychrome)
Précision_sur la protection : Arrêté de classement n° 020. Commission nationale des monuments historiques 27/06/2016. Commission départementale des objets mobiliers 26/05/2016.
Précision_sur la representation : Tête d'une reine avec partie supérieure du buste.
Typologie de la protection : classé au titre objet
Indexation iconographique normalisée : portrait;tête;reine de France;Marguerite de Provence;Jeanne Ière de Navarre
Siecle de création : 1er quart 14e siècle
Sources d'archives et bases de donnees de reference : Anita Oger-Leurent (conservatrice des monuments historiques)
Statut juridique du propriétaire : propriété privée
Commune forme editoriale : Compiègne
Typologie du dossier : dossier individuel